Cantaloon
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En majesté
Pour finir en beauté ce séjour initiatique, nous sommes repartis tous ensemble vers Laveissière en essayant de ménager les organismes mis à rude èpreuve tant d'un point de vue musculaire que digestif. Nous terminons sous un soleil de Plomb au rosé de Saint Pourçain dégusté dans une coque de de melon judicieusement utilisée comme une coupelle de messe et achevons une sieste au bord d'un plan d'eau où s'activent les préparatifs pour la Fête Nationale. Une dernière discussion avec les représentants du Comité des Fêtes nous permet de repartir sereinement alors que l'accès du site était interdit aux vélos. Nous prenons le temps d'une dernière pause Café "chez François" pour enfin apprécier les joies d'une terrasse en été bien que seul le va et vient d'ouvriers d'un chantier SNCF parvienne à distraire l'attention de...certains. Nous rentrons au gîte suffisamment tôt pour faire découvrir Murat qui attire l'oeil aiguisé de Damien, notre expert en architecture et en brioche et en...côte 1ere catégorie!! Finalement nous repartons avec Catherine et Florence, nos serviables appuis logistiques qui se joignent à nous pour la dernière soirée. Par la vallée de la Santoire nous allons déguster le énième chou farçi concocté par LuLu de Marchastel, un personnage de la vallée haut en âge et en couleur et qui désormais fait régulièrement la Une de la presse régionale voire nationale. C'est l'occasion unique de partager un apéritif pétillant festif et remettre à chaque dérailleur le ruban souvenir du séjour. Cette fois-ci il sera violet comme la dernière couleur de l'arc-en ciel, comme les jetons de poker américain qui valent 500$ et comme la myrtille d'Albepierre!!
Pour mémoire voici le menu dégusté du 7 au 14 juillet 2007 par 9 dérailleurs-heureuses:
75 km de randonnée VTT pour un dénivelé positif cumulé de 1716m (c'est presque un Puy Mary!!)
7h30 de randonnée pédestre
100km de circuit automobile
7 vins&Alcools dégustés: Avèze, Balvenie (whiskey), vin de Boudes, de Chateaugay, de Saint Pourçain, Ricard, Scapa (whiskey)
12 Spécialités et Fromages dégustés: Cantal (Salers et Entre-Deux), Fourme d'Ambert, Saint-Nectaire, Bleu d'Auvergne, Aligot, Truffade, Pounti, Coq au Vin, Chou Farçi, Charcuterie, Cornet de
Murat, Pâté aux Pommes
Participants "Dérailleurs":
Alain D.
Brian D.
Charlotte P.
Christine Z.
Damien T.
Olivier D.
Myriam C.
Sébastien L.
Sylvie R.
Appuis:
Catherine D.
Florence T.
Aftermath
Il y a des nuits qui laissent des traces indélébiles surtout aux yeux de celles et ceux qui comprennnent mal une démarche "stonienne". D'ailleurs ceci explique
définitivement la pertinence d'un encadrement bicéphal lorsque un programme chargé et varié doit être assumé malgré des impondérables! Ainsi nous serons parvenus à maintenir des activités à la
fois sportives, culturelles et culinaires qui satisfassent globalement les envies individuelles. Ainsi la soirée nocturne improvisée à Prat de Bouc restera bien ancrée dans les mémoires de sorte
que seul Brian put rejoindre le groupe des joueurs de UNO motivés par une sortie pédestre en montagne et guidée par Sébastien. Et après les gars du pays, il a dû cette fois-ci dominer sa peur
face à une vache Salers allaitant son veau et qui lui refusait le passage pour monter vers le Puy Mary! C'est sûr de retour en Californie, il aura pas mal de péripéties à raconter à propos de ses
aventures en Terre Arverne. De mon côté, j'assumai pleinement mon rôle de guide VTT en conduisant Olivier&Alain sur le circuit de Chamalière toujours plus majestueux sous un soleil radieux.
Au compteur nous étions heureux de voir s'afficher les 23 km parcourus en 2H10 avec un franchissement honnête du Col de la Molède. La condition est bien là.
Du côté de Sébastien, le groupe est rentré après 5h de randonnée, un peu claqué mais ravi d'avoir pu apprécier le paysage à sa juste valeur mais quelque peu dubitatif sur la possibilité de
réaliser le circuit VTT noir avec la descente du Plomb, jugée à priori trop technique. Faute d'un repérage suffisant et d'une légitimité écornée par les excès de la veille, je m'incline et
accepte de faire la randonnée des Gazelles initialement au programme et me réserve la montée du Plomb en solo pour le 14 juillet...cela sera réalisé en 1H15 depuis Prat de Bouc, bon timing, bonne
suée .
Plus l'Honneur que des honneurs
Après une mémorable journée digne d'un voyage en Ecosse (du coup le Scapa et le Balvenie étaient les bienvenus), nous avons opté pour une virée en auto afin de montrer de
nouvelles facettes de ce rude pays en particulier à Olivier & Alain fraîchement acclimatés. Ce fût l'occasion d'aller visiter la fromagerie Gandilhon à Lavigerie où un buronnier des Temps
Modernes s'enthousiasma à nous détailler son métier. Nous prîmes aussi le temps d'admirer les 1429 caissons polychromés du plafond de l'Eglise de Cheylade, peints à la main par des artistes
italiens qui on su laisser des motifs aussi naïfs que riches en symbolisme; ainsi quelques animaux du bestiaire nous rappellent que l'âne symbolise l'ambivalence et la patience, le cygne
représente la beauté et la fierté alors que le cerf annonce le renouvellement éternel de la création par la regénérescence spirituelle. Nous sommes aussi passés à la Font Sainte, lieu de culte
païen désormais célèbre pour la fête des bergers et qui procure un abri aux pélerins pris dans la tempête! Et là aussi nous faisons de drôle de recontres rappelant le sens inné du contact qu'ont
les gens du pays pour s'entraider: Christine a ainsi récupérer une bonne adresse à Arnac Pompadour pour faire réparer son bas de caisse Toyota à moindre frais, à moins qu'il ne s'agisse d'une
simple arnaque de comptoir! Nous terminons notre périple par la visite de Saint Flour qui ravive des souvenirs à Myriam alors qu'elle avait dû lors de la GTMC descendre en ville basse par un
escalier anciennement usité par les chèvres. Un petit tour au Musée de la Haute Auvergne nous parait indispensable pour s'imprégner de l'atmosphère austère d'une communauté rurale aux prises d'un
climat rigoureux et vivant sous l'emprise d'un évêché sévère. Seul la stèle en bois polychrome de Saint Pierre en majesté aurait peut être réussi à nous extasier, malheureusement il était parti à
Souvigny pour quelques jours.Cependant il a sûrement gardé un oeil sur nous car le clou du spectacle se déroula en soirée alors que quatre d'entre nous décidâmes d'aller digérer la pôtée
auvergnate à Prat de Bouc où s'activait la discomobile "MagicNight". Alain, plutôt amateur de "coupette" n'imagina pas alors à quel point la devise de De Castellane allait trouver tout son sens
lorsque nous fûmes pris à partie par quelques énergumènes locaux agacés par notre identité gay pourtant sobrement affichée. Heureusement le responsable de l'établissement, quelques anciens, le DJ
et des amateurs de la bourrée ont su accepter notre différence en nous faisant entrer dans la danse. Merci à eux et à leur courage pour faire entendre notre voix face aux vociférations du style
"J'aime pas les PD, c'est pas naturel" et auxquelles je réponds haut et fort "j'aime mon pays et les gays, c'est naturel car j'en suis".
Le comble du sort
Tous les médias s'accordent à dire que le changement climatique est irréversible et nous pouvons témoigner de la réalité de cette information bien qu'elle ne ressemble pas
forcément au réchauffement planétaire tant redouté: ce jour-là nous avons noté une température de 6°c au col de Prat de Bouc (1392m) que les filles avaient décidé d'atteindre à pied depuis
Albepierre tandis que les garçons avaient préféré le monter en VTT. Notre point de ralliement se situait alors en pleine Montagne au Buron dit de la Combe de la Saure et distant d'1 heure de
marche depuis Prat de Bouc. Notre chance voulut que nous arrivâmes trempées à Prat de Bouc et que deux garçons eurent la sagesse de redescendre au gîte récupérer un véhicule tandis ques les 3
autres persistaient pour aller au buron en VTT malgré un temps épouvantable mais parfait pour une bouffe entre potes prévue vers 13h00. Car ce fut bien le signe de la chance que d'avoir à lutter
contre des aléas climatiques néfastes le jour où nous étions attendus pour déguster une truffade-saucisse à l'abri d'un buron. Et ce n'est pas nos trois valeureux dérailleurs qui me
contredirons,eux qui ont pu, au terme de leur exploit du jour se réchauffer au creux de ce havre sauvage entretenu par Jean Jacques, un drôle de Merle à peine moqueur et qui a su enchanter ce
lieu isolé au pied de la Tombe du Père. Ce soir-là,de retour au gîte, Christine et Charlotte entreprîrent de combattre l'humidité ambiante en allumant un feu de cheminée fort apprécié alors que
nous concoctions une vraie sauce bolognaise pour accompagner des spaghetti qui devaient à coup sûr contenter ZeViPi, plus proche de la descendance de Fausto Coppi que de celle de Bernard
Hinault.
Ecole du cirque
Certains seraient prêts à payer cher pour se rendre au fond du cirque de Chamalière réputé abriter une faune sauvage singulière car peuplée de marmottes (elles étaient
sûrement reparties hiberner!), de mouflons, chamois et autres cervidés. Mais ce jour-là nous dûmes nous satisfaire d'un simple chevreuil et d'une sympathique famille d'ânes gris délicatement
brossés en haut du Col de la Molède. Le ciel était si bas qu'il était impossible d'imaginer les crêtes des Monts du Cantal emmitouflés dans une brume épaisse laissant peu de perspective à notre
champ de vision. De plus, lorsque la pluie se remit à tomber, nos estomacs commencèrent à crier famine tout en refusant de battre le record de la veille. Notre salut provint alors du Buron de
Raveyrol qui par chance était ouvert et nous abrita sommairement le temps du Pic-Nic...pris sans bikini! Faute d'une éclaircie salvatrice, nous dûmes renoncer à remonter à flanc de côteau pour
préférer un retour via le GR4 raviné copieusement et ainsi permettre à Charlotte d'exprimer pleinement son talent de descendeuse et nous octroyer une pause Nikon à la Cascade des Vergnes.
Au bout de 20,8 km parcourus et d'un dénivelé positif de 409m, nous réussissions à regagner le gîte sans encombre forts d'un apprentissage à la hauteur de nos réalisations réputées de pignon 1:
montée à la Molède pendant 2,5km; franchissement de sous-bois détrempés et boueux; repérage et utilisation d'abri de fortune; descente parfois technique; pause photogénique et pour clôturer le
tout dégustation d'un copieux coq au vin au Cantou.
Sein pour Sein
Il y a des sorties qu'il faut savoir bénir sous peine d'essuyer les foudres des Saints dormants. Alors, malgré les averses qui tergiversent, nous décidâmes de partir
courageux vers le prieuré Bénédictin de Bredons pour obtenir la clémence de Saint Pierre et Saint Paul. La visite instructive du site commentée par Marie Aurélie nous dévoila les trésors volés
(53 au cours d'une nuit de juillet 2002) ou cachés tels ces deux têtes de monstres scupltées dans le basalte ajouré ou cet ornement tricéphal d'une boiserie exceptionnellement conservée datant du
16ème siècle. L'arrivée tardive de Myriam et Charlotte en raison d'un dérailleur récalcitrant ne calma point les facéties du ciel arverne qui sembla une fois de plus ignorer la loi féminine du
Talion. Mal lui en a pris, nous étions prêts à en découdre même si il fallait ingurgiter notre casse-croûte en 7 minutes chrono et mieux savourer au retour un divin Saint Pourçain ou un aimable
Chateaugay histoire que personne ne "Boudes" plus les Côtes d'Auvergne. Ceci dit, nous devions aussi nous en remettre à l'amertume digestive d'une Avèze et aux fourberies de Scapa pour assurer la
mise en bouche d'une truffade Maison et annoncer une mémorable initiation au Poker.
Triple 7
A l'heure où la taxe carbone va devenir un frein au tourisme de masse , j'ai envie de saluer cette petite mort du Boeing 777 pour accueillir un nouveau concept d'évasion de
proximité capable de satisfaire la curiosité de tout un chacun. Notre séjour-découverte du Cantal si justement baptisé 2 plateaux, 3 églises, 5 fouchettes est l'occasion d'offrir un panorama
complet des atouts que présentent cette région sauvage à des participants en quête de sensations fortes et sachant apprécier une nature préservée, une architecture conservée, une cuisine
conviviale. Après avoir grimpé quelques centaines de mètres de dénivelé, nous saurons nous octroyer des 5 à 7 sans ego pour aller au resto et oublier les kilos en trop. Ainsi nous serons à même
d'imaginer de nouveaux eldorado qui valent bien les Tropiques du Cancer ou du Capricorne dès lors qu'ils offrent des émotions aussi intenses que celles procurées par un triple sec ou un brelan de
7!
A nous de jouer!!